Rabbi Moshe Ben Yaakov Cordovéro

Biographie

Le Ramak est un des plus grand Cabaliste du temps où Safed était l’épicentre de la pensée et de l’enseignement de la Kabalah. C’est lui qui fonde et qui dirige la fameuse école des Cabalistes de Safed. Né au 16ème siècle à Cordoue  (Andalousie) en Espagne, il apprend de son Maître, Rabbi Joseph Caro, avec qui il étudie le Talmud et la Halakha. Érudit en guemara, le Ramak est, à 18 ans, ordonné juge du tribunal rabbinique de Safed, aux côtés de Rabbi Joseph Caro, Rabbi Moshe Mitrani et Rabbi Moshe de Galante. À 20 ans il est initié aux secrets de la Kabalah par son beau-frère et Maître, Rabbi Shlomo Alcabets Halévi. Dès lors, le Ramak se consacre à l’étude du Zohar et des ouvrages de Kabalah. A l’âge de 20 ans il entame l’écriture du « Pardès Rimonim » (Le Verger de Grenades), ouvrage majeur, véritable encyclopédie des concepts de la Kabalah. Chaque sujet est traité intégralement, le Ramak rapportant les controverses et les différentes opinions, pour finalement trancher en suivant généralement l’avis du Zohar. Le « Pardès Rimonim » est jusqu’à aujourd’hui un ouvrage de référence incontournable pour toute étude sérieuse de la Kabalah. Il en achève la rédaction à l’âge de 23 ans. En complément au Pardès. Deux autres ouvrages majeurs sont connus et étudiés comme le « Sefer Elima » et le « Shiur Koma ».

Le Ramak est un auteur  prolifique, dont un bon nombre de ses manuscrits demeurent encore non publiés.  Sa plus grande œuvre connue à ce jour est, « Or Yaqar ». Il l commence sa rédaction un peu avant son « Pardès Rimonim » mais mettra vingt ans pour l’achever.  La fondation Hahouzat Israël c’est d’ailleurs, depuis 1963, consacrée à la publication du « Or Yaqar », dont la version manuscrite est composée de 11 268 pages. À ce jour, une quinzaine de tomes ont été publié.

L’ouvrage le plus publié et qui a atteint le plus de popularité est le « Tomer Déborah » (le Palmier de Dévorah) – traité d’éthique basé sur la doctrine des sefirot. Son approche originale est fondée sur l’idée que si l’Homme a été créé à l’image de Dieu, c’est qu’il doit en développer les qualités en prenant exemple des attributs divins tels qu’ils sont révélés dans la Torah écrite et orale.  Cet ouvrage est d’ailleurs pris comme référence par Rabbi Israël Salenter, un des fondateurs du mouvement Moussar au 19ème siècle.

Vivant dans une grande pauvreté, Rabbi Moshé Cordovéro en accepte l’épreuve et part fréquemment s’exiler volontairement dans les chemins de Galilée. Si la Shekhina (la Présence divine) est en exil, il est de son devoir de l’accompagner. Reprenant ainsi une vielle pratique de l’époque de Rabbi Shimon Bar Yohai et de ses élèves, c’est en cheminant ainsi, qu’il obtient des révélations de secrets de la Torah qu’il rédige ensuite dans un petit livre au nom de « Sefer Guiroushin » (le livre des relégations).

Le Ramak décède en 1570, à 48 ans. Peu de temps avant sa mort il rencontre le Arizal, avec qui il étudie. Ce dernier devient son successeur et portera la Cabale dans des niveaux encore plus profonds. Pour reprendre les paroles du Gaon de Vilna : « Là où s’arrête la philosophie commence la Kabale du Ramak et là où s’arrête la Kabale du Ramak commence celle du Arizal ».

Doctrine

Rabbi Moshe Cordovéro est un Cabaliste qui pratique la méditation extatique, en utilisant les techniques de Rabbi Avraham Aboulafia connu au 13ème siècle pour sa Kabalah prophétique.

Le Ramak demeure incontestablement un des plus grands Cabaliste de tous les temps et son étude demeure vivante et donne la clef d’entrée dans les profondeurs du « Sefer Hazohar ».

À sa mort, son Maître, Rabbi Joseph Caro, déclara  » Ici est enfouie l’armoire de la Torah ».